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Nicolas LAVROFF
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rubrique : Mindfulness - Pleine Conscience
LA PLEINE CONSCIENCE DE LA RESPIRATION - 1
publié le 25 janvier 2015 - lecture 5 min 625 67
Nous pouvons dire que notre corps est un autel que nous ne devons pas laisser vacant. Nous utilisons notre respiration pour ramener notre esprit à notre corps. Quand on regarde un temple déserté on sait que ce temple est abandonné. Inutile de réfléchir pour le savoir : il n’y a personne à l’intérieur.

Nous pouvons dire que notre corps est un autel que nous ne devons pas laisser vacant. Nous utilisons notre respiration pour ramener notre esprit à notre corps. Quand on regarde un temple déserté on sait que ce temple est abandonné. Inutile de réfléchir pour le savoir : il n’y a personne à l’intérieur.

Si nous observons quelqu’un qui n’est pas en Pleine Conscience, nous savons tout de suite en voyant comment il s’asseoit, marche, parle et travaille qu’il ne pratique pas la Pleine Conscience. Ce temple n’a pas de résident.

Lorsque nous pratiquons la méditation assise, d’abord nous ramenons notre corps à notre esprit et notre esprit à notre corps. Nous nous asseyons de façon à être réellement présent et faisons en sorte que notre temple ait un abbé. Ce n’est pas difficile, parce que lorsque nous pratiquons la Pleine Conscience juste, nous établissons notre présence dans ce moment. Lorsque notre corps et notre esprit ne sont pas en unité dans ce moment nous sommes dispersés. Lorsque notre corps et notre esprit font un, nous avons la concentration. C’est l’opposé de la dispersion. Lorsqu’il y a concentration, il y a présence véritable dans l’ici et maintenant.

C’est très simple. C’est la réalité de notre pratique. Lorsque nous nous asseyons nous rassemblons notre corps et notre esprit, lorsque nous mangeons nous rassemblons notre corps et notre esprit. Ce qui est le plus précieux, c’est d’avoir la possibilité de faire cela. Dans la société parfois nous n’avons pas la possibilité de le faire. Mais dans l’environnement d’un centre de pratique, nous avons les conditions idéales. C’est pour cela que nous avons rejoint le corps du Sangha. Et chaque personne ici nous demande et nous encourage à le faire.

Lorsque nous sommes assis en méditation, personne ne nous pose de question, personne ne nous dérange : nous sommes complètement libre et la qualité de notre assise dépend entièrement de nous-même. Si notre assise est bonne, nous sommes comme une montagne dans le moment présent ; nous nous ouvrons comme une fleur. Si notre assise n’est pas bonne, les pensées nous emportent. La façon dont nous nous asseyons ne dépend que de nous-même. Nous nous asseyons pour être pleinement présent sur notre coussin de méditation, en nous, dans la salle et dans le corps de notre Sangha.

Tout ce dont nous avons besoin, c’est de notre salle de méditation, de notre Sangha. Toutes les conditions nécessaires sont réunies. S’asseoir en méditation, c’est être vraiment là dans le moment présent. C’est la présence de l’union entre le corps et l’esprit. Et grâce à celle-ci, nous sommes en contact avec la vie. Parce que la vie ne peut être qu’ici et maintenant. Ce genre de contact est très profond.

Dans le soutra sur la pleine attention à la respiration, le premier objet de la Pleine Conscience, c’est notre corps. Notre corps est notre temple. Nous devons donc le respecter, comprendre son importance et toujours y retourner : c’est notre refuge. Si nous sommes dispersés, si nous négligeons notre corps, nous n’avons plus de refuge, nous n’avons plus de temple auquel retourner. Les gens autour de nous pratiquent aussi de façon à ce que leur corps soit leur temple. Nous retournons à notre corps pour en prendre soin, pour être présent dans notre temple, de façon à ce que notre pratique ait un effet pas seulement pour nous mais aussi pour notre Sangha. A ce moment notre temple est pris en charge et il devient un refuge pas seulement pour nous-même mais aussi pour ceux qui nous entourent.

Dans le soutra sur la Pleine Conscience de la respiration nous pratiquons :
" Quand j’inspire, je sais que j’inspire. "
’" Quand j’expire, je sais que j’expire."
" Si j’inspire longuement, je sais que c’est une longue inspiration. "
" Si j’expire longuement, je sais que c’est une longue expiration. "
" Si cette respiration est profonde, je sais que cette respiration est profonde."
" Si cette respiration est lente, je sais que cette respiration est lente. "

Nous sommes présents pendant que nous inspirons et expirons. Pendant que nous inspirons, nous pratiquons. Pendant que nous expirons, nous pratiquons.

Les inspirations se continuent dans les expirations qui se continuent dans les inspirations. C’est comme quand on joue du violon. Nous sommes conscients du mouvement de l’archet vers le haut puis vers le bas. Chaque mouvement est une continuation de l’autre : " Inspire Expire Inspire Expire ". Si vous êtes un musicien, vous gardez votre archet sur les cordes. Si vous êtes une personne qui médite vous gardez votre esprit sur votre respiration et il n’y a pas de dispersion.

Un violoniste Suisse assez connu venait pratiquer au Village des Pruniers et un jour, alors que j’enseignais la Pleine Conscience de la respiration, il a dit :" Il n’y a pas d’espace entre l’inspiration et l’expiration, c’est comme le son du violon qui ne s’interrompt pas entre le mouvement ascendant et le mouvement descendant de l’archet ".

Nous pensons qu’il y a interruption entre l’inspiration et l’expiration mais lorsque l’on respire correctement il n’y a pas d’interruption. On peut représenter cela sous la forme d’un 8. Lorsque la Pleine Conscience est maintenue, c’est ainsi qu’est la respiration, sans interruption.

" J’inspire et je suis conscient pendant toute l’inspiration, pas seulement quand je commence à inspirer et quand l’inspiration se termine ". C’est la même chose avec l’expiration. Lorsque j’inspire et que j’expire je deviens la respiration et je ne suis que cela. Je ne suis rien d’autre, je ne pense pas, je n’ai ni pensée initiale ni pensée successive ( vitaka, viccara ).Lorsque je dis " Ceci est une inspiration", c’est simplement une reconnaissance, ce n’est pas une pensée. C’est cela la méditation guidée, c’est reconnaître la qualité de notre respiration.

Dans la méditation nous utilisons des images et non des idées :
J’inspire et je vois que je suis une montagne, j’expire et je me sens solide comme une montagne. "
" J’inspire et je me sens comme une fleur, j’expire, je suis frais (ou fraîche ) comme une fleur. "
" J’inspire et je suis l’eau calme, j’expire et je reflète ce qui est vrai. "

ce ne sont pas là des pensées, ce sont des images que l’on utilise en méditation. Une personne qui médite est comme un poète. La respiration, c’est notre musique. Les images sont notre poésie. Si notre esprit va se dispersant en toutes directions, ce n’est pas un véritable poème. Lorsque nous pratiquons l’attention à la respiration, nous sommes la respiration, nous mettons toute notre attention dans la respiration, il n’y a pas de pensées et nous maintenons notre Pleine Conscience juste, notre concentration, grâce à notre respiration. La respiration est suivie.

Thich Nhat Hanh

Extrait du site : Buddhaline.net

2ème partie à suivre..

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