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Jean-Philippe ERBIN
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LITTÉRATURE SAUVE
LITTÉRATURE SAUVE 1
publié le 25 mars 2020 5 min à lire 78 5

De quelle matière courante peut se nourrir une littérature ?

J’étais à l’instant allongé, dans la nuit peu avant minuit, sur un transat, sur une terrasse des toits de Paris, bien couvert dans un regain d’azur noir, ciel hivernal en mars. Quelques étoiles timides. Sans froid dans le froid. De cela seul suffit la littérature.

Ma compagne m’expliquait il y a peu que ma nature, attachée à des valeurs saines, était, comme la sienne propre, moralisatrice… Une certaine raideur.

Ce corps européen, arrêté un jour sur un seuil atlantique, irrémédiable, ne peut que se durcir. Ma douce compagne, sûre de nos aïeuls, sait que nous sommes le point de chute, vertical, de nos bords de montagnes.

A cet instant, le vide sanitaire… Le vécu se perd, et ne reste que le tympan sourd, l’œil du soir affaissé, la quête du mot sur un clavier. Un bourdonnement d’esprit. Le gémissement continu, variable parfois, du réfrigérateur en fond.

De quelle matière courante peut se nourrir une littérature ?

Plonger dans un souvenir. Chaque fois saisir un fil. Chaque fois recommencer. Acquérir le brio d’une démonstration chaque fois neuve. Et chaque fois toujours, jamais la même chose. Bref.

Je me demande si j’écrirai des pièces brèves de littérature, comme des touches vives en peinture, même en relief sur la toile, pour composer quelque chose d’ensemble, qu’aucun trait seul ne laisserait voir. Je me demande si plutôt, je ne mets en plan un plan, prévois et vois, veux et peux, des mots, des textes, un seul récit, les uns dans les autres.

Je me demande, à cet instant je sais. Ma douce compagne, sûre de nos aïeuls, sait que nous sommes le point de chute, vertical, de nos bords de montagnes. Marcher dans la montagne.

Nous sommes depuis une semaine en confinement pour cause de crise de pandémie de covid-19 en France en 2020. Nous sommes à Paris. Ici, marcher dans la montagne. Partir, aller. Saisir le fil, un seul bâton. Montmartre parfois ; dans l’idée.

Nous avons un ami. Ô quelle gloire, va-t-on se donner encore, d’avoir une connaissance. Nous avons aidé une personne sans-abri à sortir du lieu où il s’enlisait fatalement.

Nous l’avons aidé à se soigner, puis, alors qu’il se trouvait jeté sans le moindre recours hors de l’hôpital, après moins de 24 heures, pourtant bien plâtré à une jambe, nous l’avons aidé, nous, citoyens respectables et donc respectés, à trouver un refuge légitime, une assistance officielle, alors que toute la France est en confinement.

Cette personne sans-abri, extraordinairement douce et clairvoyante, a un téléphone, et depuis quelques temps nous sommes reliés. Nous serons liés. Une autre dame encore, citoyenne voisine, compose ce réseau de bienveillance.

Dans ce rapport de vie, un rapport de lettres… Lettres, je me suis aidé à sortir du lieu où je m’enlisais fatalement.

Et moi. Une certaine raideur.

Je me rappelle ma compagne, je me rappelle que notre rapport n’a rien d’enlisé, je me rappelle qu’elle, que nous, comme cette terrasse dans la nuit sur les toits de Paris, fleurissons comme à l’instant ce carré de clair-obscur, les lumières de la ville mariées à l’aura des lampions lumineux accrochés aux barreaux du balcon.

Nous fleurissons comme un récif, sur un dessin de côte, projette des gerbes d’eaux marines vers les cieux. Nous fleurissons.

De l’autre côté du miroir. Partir, aller. Marcher dans la montagne. Saisir le fil, un seul bâton.

Quiet dans le miroir. Je suis à ma place. Nous sommes à notre place. Le miroir est à sa place. Il y a tout ça, l’envers de la montagne, le versant de la montagne. De quelle matière courante peut se nourrir une littérature ? La montagne de lettres.

Laisser son plan en plan. Mettre en plan un plan. Envers, versant. Aidé à sortir du lieu où on s’enlise fatalement. Sans-abri, lieu de lettre.

Et le chapeau, chapeau... Que restera-t-il de mon chapeau ? Bien plutôt, que restait-il de mon chapeau ?

Un passé passé est toute sa hauteur. Une hauteur pas trop haute. Une hauteur de tête, pas beaucoup plus. Le mérite de la persévérance, et un soupçon de tête au-dessus du débat.

Cessons là. Laissons le chapeau à sa place. Tombons-le. Gardons le couvre-crâne, mention d’un savoir taoïste salutaire, millénaire. Toque chinoise pour nous, ce corps européen, arrêté un jour sur un seuil atlantique, irrémédiable, et qui ne peut que se durcir…

Ecrire. Saisir le fil, un seul bâton. Partir, aller. Ma douce compagne, sûre de nos aïeuls, sait que nous sommes le point de chute, vertical, de nos bords de montagnes. Le plan en plan, en plan le plan.

Je me demandais s’il fallait concevoir une littérature. Je vois que concevoir est l’acte littéraire. Qu’il se faille, sans faillir.

L’honnêteté du bâton, la gentillesse du fil ; un visage se dessine derrière les fagots de mes mots ; je cultive encore l’hiver, le printemps approche, l’écrasement de l’été menace ; ce visage a vingt-cinq ans, radieux et joyeux, ce visage a cinquante ans, ferme et serein ; les mains hissent un bol de thé oriental jusqu’aux lèvres ; minuit est passé ; ma compagne doucement éclairée…

Je me demandais s’il fallait concevoir une littérature. Je sens torsions et distorsions façonner le jugement. Je conçois le travail d’un autre.

Ma thématique… A rythme éthique… Mon œuvre doit être conception.

Paris s’enlise dans la nuit. Tout Paris est fermé. Nous sommes tous confinés pour cause d’épidémie mondiale de covid-19. Notre ami sans-abri est confiné dans la chambre d’un hôtel pour l’instant réquisitionné. Nous continuerons de l’aider pour continuer à adoucir sa vie, car c’est sa nature profonde, il est doux et serein : il l’était même dans la folie des affres.

Pour moi, actualité, saisir le fil, un seul bâton. Partir, aller. Marcher dans la montagne. Tracer les reliefs, pas ce pas, tracer les lettres. En vrai, là l’envers, bel et bien, envers versant : quiet dans le miroir ; montagne, être, et abime, monde.

Le vide sanitaire… Le vécu se perd, et ne reste que le tympan sourd, l’œil du soir affaissé, la quête du mot sur un clavier. Un bourdonnement d’esprit. Le gémissement continu, variable parfois, du réfrigérateur en fond.

J’étais il y a un moment allongé, dans la nuit peu avant minuit, sur un transat, sur une terrasse des toits de Paris, bien couvert dans un regain d’azur noir, ciel hivernal en mars.

Quelques étoiles timides. Sans froid dans le froid. De cela seul suffit la littérature. J’ai tout perdu. Ne reste qu’à dormir.
© Jean-Philippe ERBIN
reproduction interdite sans mon accord, tout extrait doit citer mon site www.theraneo.com/jean-philippe-erbin
Mots clés : littéraire, soin, sans-abri, paris, coronavirus
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