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Jean-Philippe ERBIN
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LITTÉRATURE SAUVE
L'ARME ET LA LETTRE
publié le 25 mars 2020 6 min à lire 52 3

enfreindre par la lettre

Alors que nous essayions il y a 25 ans de réaliser des romans dont nous voulions qu’ils soient de vrais objets littéraires qui fassent date, de vrais objets performants d’art contemporain, l’entreprise menée a peu à peu enfreint les environnements, dans la mesure où la valeur que nous investissions tout au long de notre œuvre d’écrire scindait et restait aveugle aux valorisations et évaluations de la société marchande autour (la société qui marche ?).

Dans cette mesure et sur nos pas, chaque fois plus contraints à des circonstances cernées, cette façon d’enfreindre par notre ténacité et persévérance, dans un objet sans encore de valeur, au sein de contextes où tout se négocie par des valeurs acquises, a fait que pour une grande part notre réalité, plus que nous-mêmes sûrement, s’est mise à jurer dans les lieux de vie qui étaient les nôtres.

Parfois même, lorsque nous étions en immersion, comme nous le souhaitions, dans des lieux populaires, et même si nous savions ceux-ci perméables aux critères formels, et à l’intention de vie choisie par chacun, et alors que notre réalité ne cessait de jurer en ombres chinoises, nous avons pu nous sentir à la merci de la violence sociale, la violence résiduelle de la rue, selon de multiples tamis passifs.

le recours aux maîtres d’armes

Nous avions alors adhéré à une certaine vision des gens de lettres au milieu du XIXe siècle, par exemple en France, alors que ceux-ci, parfois hommes vaillants, avaient des maîtres d’armes, dans l’art de la savate notamment (dit aussi boxe française), pour pouvoir traverser toutes les cités et provinces des pays d’Europe environnants, cessant d’être à la merci du « coquin ».

Nous nous étions dit que le temps viendrait dans lequel nous nous mettrions à l’école de l’autodéfense (de la main nue, conséquente à l’appréhension de l’arme), pour cesser d’être à la merci de l’aléa et la confusion des bases sociales, parfois entretenus par les instances formelles, et qui semblaient être aussi le socle sans cesse défait où nos romans s’enlisaient, au lieu de garder la tenue ferme de l'écrit lu.

Quelques années plus tard, alors que nous mettions un terme à une décennie consacrée exclusivement à la création littéraire, alors peut-être vaine dans notre cas, nous nous lancions dans l’apprentissage intensif, exclusif là aussi, des arts martiaux, commençant par les arts martiaux de combat, de combat de rue.

Très vite pourtant, au bout de quelques années, porté par notre résonance culturelle et notre quarantaine d’années, nous versions l’appréhension du combat dans un travail de stature et de recours martiaux en solitaire, suivi personnellement par des maîtres français de haut niveau.

la lettre investie

Assez vite, ces statures et recours martiaux, dont l’exercice se reprenait humblement chaque jour, se sont vêtues d’un habit d’art, bien que surtout comme un soupçon intime, un voile.

Il nous semblait, au-delà de toute mentalisation propre, dessiner avec notre corps, nos postures et nos gestuelles, des idéogrammes et enchainements d’idéogrammes, façonnés autant par notre corps, que comme par un stylet (une arme) dans nos mains, dans l’exercice martial appliqué.

Il nous semblait ainsi écrire quelque chose comme un être qui soit lettre, au regard de ces environnements en creux, souvent dans la nature et la nature sauvage, qui accueillaient notre humble manifestation au monde.

Tout ce qui avait été vain, mais non pas néant : l’écriture et l’autodéfense de rue, se retrouvait porté à une manifestation propre, dont la puissance était l’envers de la discrétion, dans la solitude, et des lieux relativement retirés.

séparer le distinct

Comment définirions-nous désormais notre relation aux arts martiaux et à la littérature ?

Peut-être est-il judicieux alors de les distinguer clairement de nouveau, les arts martiaux comme un art de soustraire et se soustraire, la littérature de nouveau comme un art d’agréger et être agrégé.

optimisation et soustraction

Notre optimisation, après une décennie d’exclusivité littéraire, et durant deux décennies d’exploration des arts martiaux et leur énergétique, a été celle de la récupération d’un corps, un corps avec le souffle, un souffle avec le corps.

Une pratique du corps alors sans cesse axée par l’attention reposée de l’esprit, comme un axe du corps se prolonge au sommet d’une tête, et en deçà même de l’assise des pieds.

Pourtant, comme dans les traditions orientales et surtout extrême-orientales, cette optimisation chemine inexorablement vers un minimalisme, la profusion des modalités et arguments, alors paraissant prétextes, cède devant la qualité ultime, sans préméditation, d’un recours interne, d’une nuance interne, pourtant toujours à la merci de l’illusion.

La pratique martiale mène donc à une façon de s’armer, dans la référence à l’Extrême-Orient, mais quelque part arrêtée, chaque fois néanmoins investie de vitalité interne.

le récif de la fécondité

Récif de pierre, juste au large du cap, le jeu de l’instant des flots qui se fracassent sur ses contours est une image puissante de la fécondité, une fécondité merveilleuse, lumineuse, une fécondité en deçà et au-delà des processus de création et de procréation.

A cet instant, l’écueil de pierre du récif devient lui-même un stylet (une arme), et peut nous signifier que le temps d’écrire est renoué, que le « nous » est enfin autre chose, non une chose qui s’appartient au fil du sens et des sens, mais quelque chose qui transcrit, défaisant et évidant les choses appartenues, les choses appropriées, pour donner un fil d’existence singulier et discret.

L’on peut se dire que de l’acte d’écrire, du murmure qui s’écrie, s’écrit alors autre chose qu’une dépouille propre, même vibrante d’émotions.

Acte d’écrire, signes, récifs, bien plutôt ce point où les mots qui suivent inspirent la virgule, choc, recueillent une parenthèse, semblant de choc, alors qu’un tiret vous prend un instant la main pour un détour de regard, comptant un choc, un point d’interrogation vous campe sur un surplomb, soupçon de choc, et alors que la rivière coule, le point qui vient alors là, choc encore, fait comprendre que tout ceci est de fait ainsi, et ne pouvait que l’être.

L’écriture la plus libre est éloquente par ses ponctuations, la teneur de ses silences. Ne plus écrire, ne pas écrire, être en arrêt sur chaque instant, assumés dans les mots qui ne sont que la trace et le tracé de l’existence entre-temps.

nonchalance et danse

Où amènera-t-on la danse ?

Le pas demande une nonchalance pour arpenter la cité, ou la campagne, le cours des mots demande une nonchalance, pour rencontrer la vie sans la rivaliser en ses lieux.

L’art martial, lui, a t-il un seuil de nonchalance ? Le jeu de l’arme, le jeu des larmes… Ce qui nuit, ce qui ennuie…

Le lieu de la pratique des arts martiaux, après avoir été un propos plein de sens, peut devenir le jeu des ponctuations d’existence, de jours en jours, relaissant libre tout l’espace central, tout le corps de la vie, à l’expérience qui agrège et s’agrège.

Ponctuer, ne jouer que de ces buttes qui renvoient les prismes, la garde de la vie.

L’arrêt lent des gestuelles et leur intensification dans la pratique martiale, la littérature en arrêt par le jeu des ponctuations et des silences, l’existence en ses lieux, renvoient à une vraie ligne de fuite, un soupçon de culture, un geste socialisé, une geste de civilisation.
© Jean-Philippe ERBIN
reproduction interdite sans mon accord, tout extrait doit citer mon site www.theraneo.com/jean-philippe-erbin
Mots clés : soin, littéraire, arts, martiaux, xixeme, siècle, récifs
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