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PAR LE BOUT DU NEZ ! LA PSYCHOLOGIE DE L'ENFANT ROI
Gilbert RICHER
éditions Option Santé



L’enfant-roi a maintenant atteint le rang de phénomène social. L’analyse du développement indique que l’enfant naît roi et que ce sont les conditions éducatives qui déterminent la poursuite de son règne ou son extinction. Dans Par le bout du nez, Gilbert Richer analyse la psychologie de ce type d’enfant en offrant aux parents ainsi qu’aux intervenants sociaux des conseils permettant d’améliorer son éducation ou encore son orientation rééducative.

« Par le bout du nez est un véritable outil de prévention pour les parents des sociétés actuelles. […] Gilbert Richer éclaire les parents anxieux sur les processus du développement de l’enfant en terme de besoin d’autonomie et d’expression de son énergie vitale. Il donne des indices pour analyser la relation parent-enfant et comprendre les ressorts de l’éducation. […] Les éclairages riches en analyses bien fondées de Gilbert Richer pourront également servir aux divers intervenants chargés de faire du dépistage et de la prévention. » Colette Sabatier, professeur de psychologie, Université Victor Segalen, Bordeaux (Préface)

Gilbert Richer exerce le métier de psychologue depuis 32 ans. Il est l’auteur d’une approche thérapeutique enseignée à l’Université Pierre Mendès France de Grenoble.




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EXTRAIT DU LIVRE



L’avènement de l’enfant-roi n’est certes pas nouveau. Vous conviendrez cependant avec moi que nous avons maintenant affaire à un phénomène social pour le moins inquiétant. Si l’on tient compte des différents aspects perturbés de sa personnalité ainsi que de leurs conséquences fort probables sur sa progéniture, il y a fort à parier qu’il faudra des générations pour replacer le pendule au centre de l’équilibre éducatif.

S’il est relativement aisé de décrire les différents aspects observables de sa conduite et d’en attribuer la responsabilité à toute absence d’encadrement durant les premières années de sa croissance, il en va tout autrement lorsque vient le temps de fournir une explication clinique, à la portée de tous, de la psychologie de son fonctionnement, des différentes plateformes éducatives favorisant le développement de ce type d’enfant, ainsi que des solutions que réclament ses difficultés. Tel est l’objet essentiel de ce livre s’adressant tant aux parents qu’aux personnes oeuvrant dans les milieux de l’éducation et de la rééducation.

« Par le bout du nez » s’inspire de l’adage qu’il vaut mieux montrer à pêcher que donner du poisson. Ainsi, même si les différents chapitres contiennent des recommandations concrètes, du genre « voici ce qu’il faut faire dans telle situation », j’ai choisi de vulgariser la psychologie afin de vous permettre l’accès à certaines de ses connaissances sur les principes régissant la conduite humaine ainsi que sur les étapes du développement de l’enfance à la maturité. De la sorte, vous pourrez identifier plus facilement les actions éducatives que peuvent réclamer les multiples situations auxquelles vous confronte inévitablement votre responsabilité éducative et, plus particulièrement, les conduites à éviter sous peine de favoriser le développement de l’enfant-roi. En psychologie comme dans tous les autres domaines, la connaissance confère du pouvoir et c’est ce que cherche à vous donner le contenu de ce livre dans votre action éducative.

Le cadre général de la réflexion proposée s’inspire d’une certaine philosophie de l’éducation. J’estime en effet qu’il nous faut tenir compte de considérations de cette nature si l’on retient qu’un enfant est avant tout une conscience naissante et qu’il aura, lors de l’accession à sa pleine autonomie de pensée et d’action au tournant de l’adolescence, la responsabilité absolue de donner à sa vie le sens et l’orientation désirés, tout comme il en est d’ailleurs le cas pour nous tous. « Il n’existe de valeur qu’en fonction de la vie et de la conscience qu’en prend l’individu1. »

Le premier de ces paramètres philosophiques a donc trait à l’importance majeure du passage de l’enfant de l’inconscience à la conscience proprement dite. Si l’on a définitivement raison de résumer l’éducation d’un enfant par sa préparation à l’autonomie, on oublie trop souvent le rôle nécessaire et incontournable de la conscience dans toute l’articulation de ce processus. Personne ne peut atteindre son entière autonomie s’il n’est tout d’abord capable de juger seul de sa propre conduite,ce qui implique que l’on doive nécessairement devenir conscient de soi.

L’autonomie comporte bien sûr des degrés de maturité et de profondeur. Pour se nourrir de façon autonome ou pour se vêtir seul, l’enfant n’a nullement besoin d’une conscience de soi ; mais lorsqu’il aura, au début de sa vie adulte, à modifier certains aspects de sa conduite dans le but, par exemple, de raffiner sa personnalité afin d’accéder à une estime davantage positive de soi ou à une plus grande compétence dans l’intimité, il en aura définitivement besoin. Sans cette conscience de soi, jamais ne sera-t-il capable d’une mise en perspective de sa propre personne. Jamais ne pourra-t-il également accéder au pouvoir qu’elle nous donne tous d’agir sur notre personne, c’est-à-dire de modifier consciemment les aspects de soi que l’on juge devoir l’être. Pour toutes ces raisons et comme vous le verrez, la question de l’accession éventuelle de l’enfant à la conscience ne peut être écartée de toute réflexion portant sur l’éducation et l’autonomie, encore plus lorsque vient le temps de cerner la psychologie de l’enfant-roi.

Le second élément de nature philosophique a trait au rôle central de l’agressivité dans le développement ainsi que dans la gestion autonome de notre existence et ce, de la naissance à la mort. En effet, pour que notre enfant daigne accomplir cette tâche de présider seul à l’orientation ainsi qu’à la gestion autonome de sa vie, il se doit de disposer d’un pouvoir à cet effet, particulièrement lorsque vient le temps de surmonter les obstacles qui paveront les différents moments de sa vie. Nul ne peut donc s’accomplir sans la présence d’une énergie en soutenant l’action, l’orientation et la détermination. « Il faut non seulement admettre la nature agressive de l’homme, mais comprendre à quel point il ne peut se défendre et progresser, prendre conscience de son identité et se libérer de ses frustrations initiales que grâce à ce moteur vital : l’agressivité2. »

Comme vous serez en mesure de le constater, d’ailleurs, l’enfant-roi affiche une déficience marquée de la gestion de ses pulsions agressives et se présente aux portes de la maturité avec une conscience de soi la plupart du temps absente. Vous verrez également que la notion d’agressivité est incontournable non seulement pour la compréhension de l’acte éducatif mais également pour celle des origines de ses difficultés et des solutions qu’elles réclament.

La logique du déroulement des chapitres se fonde tout d’abord sur l’affirmation qu’on ne peut parfaitement saisir la déviance sans un parallèle avec les grandes étapes du développement. Aucun comportement ne peut en effet être taxé de déviant que s’il n’est avant tout mis en parallèle avec ce qui ne l’est pas. C’est pourquoi le livre débute avec la présentation des grandes étapes du développement dit « sain et normal ». Ce premier chapitre vous permettra l’acquisition de connaissances sur les stades de développement de l’enfance à la maturité, particulièrement en ce qui concerne l’identification du moment critique où se décide la poursuite ou non du développement de l’enfant-roi, soit vers l’âge de 4 ans. Vous serez donc en mesure de saisir ici les grands objectifs de l’éducation et de vous prémunir grandement contre toute possibilité de « fabriquer » ce type d’enfant.

Le chapitre 2 présente les caractéristiques de sa psychologie. Vous verrez qu’il existe en fait deux types d’enfants-rois, que chacun arbore un fonctionnement radicalement différent, voire opposé, et que les difficultés de l’un risquent d’être telles qu’elles deviendront pratiquement insurmontables si des correctifs éducatifs ne sont pas appliqués avant son accession à la puberté, particulièrement lorsque l’agressivité de l’enfant est intense.

Ce deuxième chapitre est probablement le plus exigeant pour vous, compte tenu qu’il cherche à vous transmettre les connaissances nécessaires à la description ainsi qu’à la compréhension de la psychologie de l’enfant-roi et des solutions à ses difficultés. Cependant, c’est ici que vous aurez l’occasion de raffiner grandement votre compétence parentale et de vous outiller dans vos correctifs éducatifs en présence de ce type d’enfant.

Comme parents, notre première responsabilité est d’offrir une plateforme éducative permettant à notre enfant la découverte puis la maîtrise de son plein potentiel d’être, ainsi que sa préparation à la socialisation. Comme certaines de nos actions risquent plutôt, sans que nous le sachions véritablement, de contribuer au développement d’un enfant-roi, il devient donc important de cerner les différentes facettes de notre fonctionnement personnel si nous voulons éviter qu’une telle situation se produise ou si nous désirons apporter les correctifs requis en situation de difficultés.

C’est pourquoi le chapitre 3 vous permettra l’identification de plusieurs aspects de la psychologie parentale jouant un rôle déterminant dans l’avènement de l’enfant-roi. Son objectif essentiel est bien évidemment de vous offrir l’occasion de faire le point sur vous-mêmes, plus particulièrement en ce qui concerne les caractéristiques de votre vie affective pouvant contaminer à votre insu et malheureusement votre capacité éducative.

Finalement, comme mon objectif est de vous permettre non seulement de saisir les pleines dimensions entourant la psychologie de l’enfant-roi, mais également de vous outiller dans le raffinement de cette compétence parentale qui vous tient à cœur, le dernier chapitre vous offre une réflexion sur l’importance cruciale de l’encadrement. Il y est question en premier lieu des différents facteurs contributifs à un encadrement de qualité, puis, dans un second temps, des dangers liés à tout encadrement répressif. Nous terminerons par les écueils auxquels fait habituellement face tout redressement de l’encadrement en présence d’un enfant-roi.

J’aurai bien évidemment recours à de nombreuses situations vécues afin de vous permettre une lecture concrète ainsi qu’une assimilation de qualité des connaissances que je tente de vous transmettre après trente années d’intervention clinique. Si j’ai modifié à l’occasion quelques faits, c’est par souci de m’assurer d’un parfait anonymat des personnes. Nonobstant ces modifications, tous les faits demeurent rigoureusement fidèles à la réalité, même si parfois vous aurez probablement de la difficulté à reconnaître que de telles situations puissent être vécues.


CHAPITRE 1
Les stades de développement du moi

L’enfant n’est pas un vase que l’on remplit,
mais un feu qu’on allume.
Alain

Au même titre que les différentes parties de notre corps, tous les aspects de notre personnalité traversent des stades de maturation pour nous conduire aux portes de l’autonomie et de notre capacité de vivre en relation avec les autres. Avant de considérer un à un ces différents stades du développement de la personnalité et de parvenir à l’identification précise de celui qui ouvre la porte aux perturbations dont souffrira l’enfant-roi, il est important de bien saisir la notion du « moi ».

Pour ceux et celles peu familiers avec cette appellation, disons en substance qu’il s’agit de la composante de notre personnalité responsable de la gestion des relations entre notre vie intérieure, avec tous ses besoins, pulsions et désirs, d’une part, et d’autre part les exigences émanant de la réalité extérieure. Cette fonction, absente à la naissance et responsable de l’efficacité de toute adaptation, se développe par contre assez tôt. Elle apparaît dès les toutes premières relations avec le monde extérieur pour s’intensifier par la suite et au fur et à mesure de la rencontre avec les exigences parentales, lesquelles contraignent l’enfant à freiner certains aspects de sa conduite. Et ce sont ces résistances qui obligent l’enfant à un apprentissage du contrôle graduel de soi. Le « moi » possède donc deux responsabilités majeures : le contrôle ainsi que la régulation de toute satisfaction des besoins, désirs et pulsions.

Ainsi, sachez que chacun des gestes que vous posez, chacune de vos permissions ou interdictions ont pour effet le développement du moi de votre enfant. Par ces actions, vous façonnez sa capacité future de se gérer adéquatement et de s’adapter de façon efficace ou non. La résolution positive ou négative de chacune des étapes de la maturation de la personnalité humaine dépend donc des décisions prises par le moi, dont le développement de l’équilibre et de l’efficacité dépend en premier lieu de votre action parentale.

Afin de bien saisir les multiples facettes de la psychologie de l’enfant-roi, il faut d’abord et avant tout considérer le développement des pulsions agressives ainsi que l’accession à leur contrôle éventuel. C’est en effet le succès de cet apprentissage qui permet l’accès à la maîtrise sur soi et sur sa vie, à la capacité de vivre en groupe, à l’empathie, ainsi qu’à une morale et une conscience de qualité.

Les difficultés éprouvées par l’enfant-roi dans le contrôle de ses pulsions agressives sont le socle sur lequel viendront s’ériger les autres caractéristiques de sa personnalité. À cet effet, lors de la présentation de la psychologie de l’encadrement au chapitre 4, nous examinerons en détails les différents niveaux de pouvoir caractérisant la manifestation de l’agressivité, ainsi que la limite idéale devant être imposée. Mais tout d’abord, considérons une à une ces étapes de la croissance dans le cadre d’un développement dit « sain et normal » de la naissance au stade du jeune adulte, ce qui permettra non seulement le raffinement de vos connaissances de base en éducation mais également l’identification de certaines difficultés potentielles lorsque les règles permettant le passage à chacune de ces étapes ne sont pas pleinement respectées. Ainsi, plus particulièrement en ce qui concerne l’enfant-roi, vous pourrez clairement cerner la « mécanique affective » responsable de l’arrêt total de sa croissance vers la maturité. Pour ce faire, je m’inspire ici de la nomenclature des stades de développement du moi de la théorie de Jane Loevinger.


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