Il y a des moments où quelque chose se retire.
Sans bruit.
Sans explication.
Un être.
Un lien.
Une forme de vie.
Une version de soi.
Et ce qui reste, pour ceux qui sont encore là,
c’est souvent un vide.
Un espace étrange, difficile à habiter.
Un avant qui n’est plus,
un après qui ne s’est pas encore présenté.
Le corps, lui, le sait.
Il ressent.
Il se resserre ou se fige.
Il pleure parfois sans larmes.
Il cherche un sol.
Il n’y a rien à comprendre ici.
Il y a quelque chose à traverser.
La mort, quelle que soit sa forme,
n’est pas un événement à expliquer,
mais un seuil à habiter.
Quand les repères tombent,
quand le mental ne peut plus tenir,
le corps devient le lieu du passage.
Respirer.
Sentir le poids.
Sentir le manque.
Sentir la chaleur, le froid, la contraction, le vide.
Sans forcer.
Sans interpréter.
Juste rester là.
Dans cette présence simple,
quelque chose se réorganise de l’intérieur.
L’espace s’ouvre.
La circulation reprend, parfois très doucement.
Il n’y a pas de séparation à résoudre.
Il y a un lien qui change de forme.
Ceux qui partent ne disparaissent pas du corps.
Ils y laissent une empreinte.
Une mémoire vivante.
Un silence habité.
Accompagner un passage,
ce n’est pas guider,
ni réparer,
ni apaiser à tout prix.
C’est tenir l’espace
pendant que la vie se réécrit.
Parfois, cela se fait seul.
Parfois, cela demande une présence extérieure,
calme, stable, non intrusive.
Quelqu’un qui ne prend pas la place,
mais qui permet au corps
de retrouver la sienne.
Le passage ne se commande pas.
Il se respecte.
Et quand le corps est écouté,
quand le temps est laissé au temps,
le seuil s’ouvre de lui-même.
© Iosune SAEZ LLORENS
reproduction intégrale interdite, tout extrait doit citer mon site www.theraneo.com/elur-luma
Mots clés : deuil, vide, perte, accompagnement, seuil
cet article vous a intéressé ? découvrez ma prestation en rapport | |